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Recette far breton

Far breton aux pruneaux traditionnel dans un plat en terre doré

Recette far breton

3h20facile8parts

Par Emma Hanin

Le far breton aux pruneaux est un dessert breton traditionnel à base de pâte liquide, lait chaud et fruits secs, cuit au four pour une texture onctueuse. Parfait froid en famille.

Origine

XVIIIe siècle, Bretagne

Temps total

2h30

Calories/portion

350 kcal

Ingrédient star

Pruneaux d'Agen

Température clé

210°C puis 180°C

— Préparation

Préparation

  1. Une heure avant, faites tremper les pruneaux dans un bol d'eau chaude pour les réhydrater. Préchauffez le four à 210°C avec un grand plat en terre ovale (35 cm) à l'intérieur. Faites tiédir le lait dans une casserole sans bouillir.
  2. Dans un saladier, mélangez farine, sucre, sel et sucre vanillé. Formez un puits, ajoutez les œufs et fouettez jusqu'à homogénéité. Incorporez progressivement le lait chaud en fouettant pour obtenir une pâte lisse et liquide comme une pâte à crêpes. Optionnel : 1 cuillère à soupe de rhum.
  3. Sortez le plat brûlant du four, étalez 30g de beurre fondu sur les parois et le fond. Versez la pâte. Enfournez 10 minutes à 210°C pour former une croûte.
  4. Égouttez les pruneaux, répartissez-les uniformément sur la pâte. Remettez au four 15 minutes à 210°C, puis baissez à 180°C pour 35-40 minutes jusqu'à ce que le far soit pris, gonflé et doré.
  5. Sortez le far, laissez refroidir complètement à température ambiante (ne pas consommer tiède). Démoulez ou servez dans le plat. Se déguste froid pour une texture parfaite.

— Astuces du chef

  1. Lait chaud obligatoire

    Utilisez du lait entier bien chaud pour une texture onctueuse et dense. Cela cuit partiellement la farine et évite les grumeaux. Sans cela, le far risque d'être trop liquide ou caoutchouteux.

  2. Plat en terre préchauffé

    Le secret d'une belle croûte dorée : mettez le plat au four dès le préchauffage. Cela saisit la pâte et empêche les pruneaux de couler au fond. Utilisez un plat ovale traditionnel breton.

  3. Refroidissement total

    Ne mangez jamais tiède ! Le far se tient mieux froid, les saveurs se concentrent et la texture devient fondante. Attendez 2h minimum pour un résultat pro.

  4. Pruneaux d'Agen premium

    Choisissez des pruneaux moelleux d'Agen dénoyautés pour un goût caramélisé naturel. Trempage 1h les rend juteux sans alourdir la pâte. Évitez les pruneaux secs industriels.

  5. Rhum pour aromatiser

    Ajoutez 25ml de rhum brun dans la pâte pour une note adulte subtile. Pour les enfants, remplacez par vanille ou fleur d'oranger. Cela rehausse les pruneaux sans dominer.

  6. Farinez les pruneaux

    Roulez-les dans un peu de farine avant ajout pour qu'ils flottent en surface et ne tombent pas au fond lors de la cuisson.

— Erreurs à éviter

  1. Lait froid

    Ne versez jamais du lait froid : cela crée des grumeaux et un far pâteux. Chauffez-le toujours pour une pâte homogène et onctueuse comme dans les recettes traditionnelles.

  2. Pruneaux ajoutés trop tôt

    N'incorporez pas les pruneaux dès le début, ils coulent au fond. Attendez 10 minutes de cuisson pour qu'ils restent en surface et caramélisent bien.

  3. Cuisson uniforme

    Évitez une température constante : commencez fort pour la croûte, baissez pour cuire l'intérieur. Sinon, brûlé dehors et cru dedans.

  4. Manger tiède

    Refroidir totalement est essentiel. Tiède, il s'effrite et manque de tenue. Les Bretons attendent toujours le froid pour la texture parfaite.

— Substitutions

— Conservation

  • Au réfrigérateur, filmé

    3 jours

  • Congélation en portions

    1 mois

— Accord boisson

  • Cidre — Cidre brut breton

    Acidulé, parfait pour équilibrer la douceur des pruneaux.

  • Vin — Muscat de Rivesaltes

    Doux et fruité, sublime les notes caramélisées.

  • Vin — Rhum arrangé

    Pour une version adulte, avec rhum dans la pâte.

  • Lait — Lait ribot breton

    Traditionnel pour les enfants au goûter.

— Questions fréquentes

Quelle est la différence entre far breton et clafoutis ?
Le far breton est plus dense et nourrissant, avec une pâte très liquide à base de lait chaud et farine en quantités égales, cuit dans un grand plat pour une croûte épaisse. Le clafoutis auvergnat est plus léger, aérien, avec plus d'œufs et moins de farine, souvent aux cerises fraîches. Le far est breton, rustique et familial, tandis que le clafoutis est estival. Les deux se cuisent au four mais le far exige lait chaud et repos froid pour sa texture signature onctueuse et compacte.
Peut-on faire un far sans pruneaux ?
Oui, la recette originelle du XVIIIe siècle est un far nature, simple bouillie sucrée de farine, lait et œufs. Les pruneaux sont une addition du XIXe siècle via les marins. Ajoutez raisins secs, pommes ou rien pour un far pur, encore courant en Bretagne rurale. La texture reste identique, plus économique et tout aussi délicieux pour les puristes.
Pourquoi mon far est-il plein de grumeaux ?
Les grumeaux viennent d'un lait froid ou d'une farine mal incorporée. Toujours tiédir le lait et verser en filet sur la farine tamisée tout en fouettant vigoureusement. Commencez par œufs-sucre blanchis, puis farine, puis lait. Une pâte lisse comme crêpe garantit un far homogène et fondant.
Combien de temps conserve-t-on le far breton ?
Au frigo filmé, 3 jours maximum. Il se tient bien froid. Congelez en portions 1 mois, décongelez au frigo. Ne réchauffez pas, servez froid pour texture optimale. Traditionnellement préparé la veille pour les repas familiaux.
Farine de sarrasin ou blé ?
La version traditionnelle sucrée utilise farine de blé T45 pour douceur. Le sarrasin (blé noir) est pour les origines salées ou kig ha farz. Un mix 50/50 donne un goût breton rustique, mais pur blé pour le dessert classique aux pruneaux.
Vidéo : Recette far breton
Le far breton, emblématique dessert de la cuisine bretonne, tire son nom du latin « far » signifiant froment ou blé, et en breton « farz forn » qui veut dire « far au four ». Ses origines remontent au XVIIIe siècle où il était initialement une bouillie salée à base de blé noir ou sarrasin, cuite dans un sac en toile et servie en accompagnement de viandes ou poissons, comme dans le kig ha farz. Ce plat économique et nourrissant était plébiscité pour sa simplicité et ses qualités nutritives. Au XIXe siècle, la recette évolue vers une version sucrée avec l'ajout de farine de blé, lait, sucre, œufs et beurre, réservée aux occasions familiales ou religieuses comme Pâques ou Mardi Gras. Histoire du far breton sur Wikipédia. Aujourd'hui, il reste un pilier du patrimoine culinaire breton, symbole de convivialité. Découvrez aussi le gâteau au yaourt et les crêpes bretonnes. Nées en Bretagne, terre de marins et de traditions celtiques, les origines du far breton sont profondément ancrées dans l'histoire rurale et maritime de la région. Au XVIIIe siècle, cette bouillie de céréales rassasiait les familles modestes avant de devenir un dessert festif. La Bretagne, avec ses champs de blé et ses élevages, fournissait les ingrédients de base, tandis que l'évolution vers le sucré reflète l'amélioration des conditions économiques. Les Bretons l'emportaient chez le boulanger pour cuisson jusqu'aux années 1970. C'est un ambassadeur culinaire de toute la Bretagne, du Léon à la Basse-Bretagne. Pour en savoir plus sur l'histoire de la Bretagne. Clafoutis aux cerises et autres desserts. Les pruneaux d'Agen, stars du far breton, sont arrivés au XIXe siècle grâce aux pêcheurs bretons qui les échangeaient contre de la morue lors de leurs voyages. Riches en vitamine C, ces fruits secs d'Agen combattaient le scorbut chez les marins. Dénoyautés et moelleux, ils apportent une douceur caramélisée et un contraste texture au far dense et onctueux. Préférez-les d'origine contrôlée pour un goût authentique. Sans eux, le far nature reste traditionnel, mais la version aux pruneaux domine. Site des pruneaux d'Agen. Galette des rois et brioche bretonne Kouign-amann. La technique de cuisson est cruciale : préchauffez le plat en terre à 200-210°C pour une croûte dorée, versez la pâte liquide comme une crêpe, ajoutez les pruneaux après 5-10 minutes pour qu'ils restent en surface, puis baissez à 180°C pour 30-45 minutes. Le lait chaud assure l'onctuosité, le repos refroidi intensifie les saveurs. C'est un dessert familial incontournable, simple, économique, convivial pour le goûter ou le dimanche. Sa texture moelleuse et parfumée réunit les générations autour de la table bretonne.

Sources

Emma Hanin

Cheffe cuisinière & rédactrice culinaire